Abbe J-S

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mardi 15 septembre 2015

Homélie du 15 septembre 2015, N-D des douleurs - au Grand Séminaire de Lorraine

Après avoir célébré hier la Croix Glorieuse de Notre-Seigneur, aujourd’hui la liturgie de l’Église nous invite à contempler l’âme transpercée de la sainte Mère de Dieu.
Au Calvaire, Marie a participé au sacrifice de son divin Fils, en offrant son cœur de Mère au même supplice. Exposé sur la Croix, le Christ par ses mains attachées, ouvrit tout grand la Porte du Ciel à l’humanité égarée ; et debout à côté de l’homme de douleurs, Marie, en acceptant d’être la mère du disciple bien-aimé, accueillit elle aussi, dans son sein immensément maternel, l'humanité tout entière, rachetée par le sang de son Fils.
Nommée par saint Bernard de Clairvaux « la Martyre de l’âme », Notre-Dame est une véritable Martyre dans le sens littéral du terme : elle a su, par ses larmes de compassion et son cœur déchiré, témoigner l’offrande sanglante de son Fils en l’enveloppant de sa propre offrande ineffablement douloureuse.
Cependant, nous savons que la foi de l’Église n’est pas une foi doloriste, nous ne célébrons pas la douleur en tant que telle. Si aujourd’hui, nous vénérons la mémoire des douleurs de la Vierge Marie à l’heure de la Passion du Christ, c’est parce que par celles-ci elle participe à la fécondité du salut de la Croix. Les douleurs de Marie est celles d’une mère qui enfante. Si du côté ouvert de Jésus est né le peuple des sauvés, c’est-à-dire la sainte Église ; par l’adoption d’un seul des disciples, ce peuple nouveau, ce Corps mystique du Christ fut aussitôt et entièrement accueilli par la Mère de Dieu, qui devint ainsi la Mère de l’Église.
Aujourd’hui, en rendant hommage à Notre-Dame des douleurs, nous célébrons l’œuvre de la rédemption du Christ, environné par la maternité virginale de Marie, cette maternité qui se déploie sur toute l’histoire du salut ; et nous aussi, nous bénéficions à présent cette très douce maternité qui veille sur nous par sa prière bienfaisante et sa constante sollicitude. Et dans cette maternité immaculée, s’enracine également la maternité de l’Église, qui, en tant que l’Épouse de l’Agneau Vainqueur, par le sacrement de baptême, le sacrement de l’Eucharistie, ainsi que tous les autres sacrements, engendre, nourrit et prend soin des enfants de Dieu nés dans la grâce du salut.
Et nous, prêtres, diacre ou futurs prêtres, par notre ministère ou futur ministère, nous participons ou participerons à cette maternité de l’Église, et notre mission consistera à la rendre toujours plus féconde par notre labeur et notre fidélité. Et nous savons, en contemplant Notre-Dame des douleurs, vaillamment debout au pied de la Croix, que nous pouvons toujours compter sur le secours de cette Mère qui nous fut donnée par notre divin Maître.

Confions donc à notre chère Mère céleste notre nouvelle année, pastorale ou scolaire, que sa tendresse maternelle nous garde sur ce chemin à la suite de son Fils. Et que saint Josèphe, son très chaste époux soit le gardien de notre fidélité.



vendredi 11 septembre 2015

Homélie du XXIIIe dimanche, l'année B, à l'église Saint-Maximin de Thionville

Sur une terre étrangère, la terre de Décapole, on amena à Jésus une personne sourde qui avait aussi de la difficulté à parler. C’est-à-dire que cette personne n’est pas muette, il pouvait parlait mais il parlait avec peine, il parlait confusément, ses paroles étaient sans doute difficilement compréhensibles. C’est peut-être autant plus pénible : en étant déjà entouré par un silence impénétrable, et en plus la voix qui sortait de sa bouche ne pouvait pas faire vraiment entendre sa pensée.
Oui, nous pouvons dire que pour quelqu’un qui n’entendait pas, et aussi dépourvu de toute assistance technique, il est normal qu’il ne pouvait pas apprendre à parler correctement. Mais le Seigneur l’a guéri, comme il a guéri aussi bien d'autres malades et infirmes.
Cependant, que signifie vraiment cette guérison ? Nous savons bien que Notre-Seigneur n’est pas venu seulement pour nous libérer de nos souffrances et nos handicapes physiques. Tous les récits de guérison dans les Évangiles, en effet, nous invitent à une lecture croyante et spirituelle, et à une conversion toujours plus profonde.
Ces derniers jours, en méditant sur ce passage de saint Marc, il m’est venu spontanément l’histoire de la Tour Babel. Dans le chapitre XI du livre de la Genèse, on raconte qu’après le déluge, tous les peuples du monde parlaient encore une seule langue. Alors ils décidèrent de construire ensemble, sur une terre plaine à l’Orient, une tour, dont le sommet arrivera jusqu’au Ciel. Cette entreprise n’arrivera pas à la fin souhaitée par les hommes : ils n’iront pas au Ciel par leur effort purement humain. Cependant, à force de vouloir s’élever par eux-mêmes, ils perdirent celle qui les liait les uns aux autres : c’est-à-dire, l’entente mutuelle. La confusion de la langue commune ne venait pas de la jalousie de Dieu, mais la rupture entre Dieu et l’homme. C’est le rejet de Dieu qui engendre la division entre les hommes. En bouchant ses oreilles à la Parole de Dieu, la voix des autres devint elle aussi étrangère et inaudible.
L’unité de toute l’humanité ne se trouve qu’en Dieu. C’est dans le Verbe divin, c’est-à-dire, dans la Personne du Fils, en qui l’amour filial communique l’amour paternel, que l’homme entendra la voix de son prochain, son semblable, et reconnaîtra en lui son frère.
Aujourd’hui, devant le Seigneur Jésus, dans cette personne sourde et privée de parole, c’est toute l’humanité pécheresse, prisonnière de la division et de la solitude qui se présente devant son Rédempteur et attend de lui son secours. Et, Notre-Seigneur, le Verbe de Dieu fait chair, va la saisir de ses mains.
Combien elle est touchante cette matérialité de ses gestes ! Afin de briser la surdité de l’homme, la Parole de Dieu devint manifeste et palpable, et avec ses doigts de Créateur, elle ouvre ses oreilles et délie sa langue.
« Effata », dans ce mot que nous avons tous entendu le jour de notre baptême, se déploie les mystères du salut. Dieu vient nous ouvrir, il vient nous libérer de nous-mêmes, de notre ego qui nous réduit en multitude d’individu ; mais en faisant pénétrer en nous la Parole de Vérité et d’Amour, il nous redonne cette ressemblance divine que nous avons perdu en nous détournant de lui, c’est-à-dire, la capacité d’aimer.
C’est, étant inspirés du Verbe divin, que l’amour mutuel se communique dans notre parole qui sort de nos cœurs.
Et aujourd’hui, le Seigneur par sa présence eucharistique va encore s’adresser à chacun de nous : lorsque ce divin corps touchera nos lèvres, qu’il ouvrira aussi nos cœurs ici et maintenant, que nous entendions la voix de nos frères qui crie vers nous depuis tous les horizons.


dimanche 30 août 2015

Homélie du XXIIe dimanche, l'année B, à l'église Saint-Maximin de Thionville

« C’est du dedans, du cœur de l’homme que sortent les pensées perverses, […] tout ce mal vient du dedans et rend l’homme impur » ; en écoutant ces versets, nous pouvons dire qu’aujourd’hui, le Seigneur est bien dur dans son propos à notre égard : pourquoi que c’est du cœur de l’homme que sort le mal, les pensées malicieuses qui l’avilissent ? L’homme est-il intrinsèquement mauvais ?
Cependant, nous savons, par le récit de la Genèse, que l’homme a été bon lors de sa création : Dieu dit – faisons l’homme à notre image et selon notre ressemblance (Gn 1.26), et ayant fait ainsi, Dieu regarde l’œuvre de ses mains, et « cela était très bon » (Gn 1.31).
Conçu par une volonté aimante de Dieu, l’homme fut le chef d’œuvre et couronnement de toute la création. Et comment se fait-il que son cœur devint « compliqué et malade » (Jr 17.9), voire l’origine des souillures ? Sinon, à cause du péché, qui le défigure de l’intérieur ?
Et le péché, qu’est que c’est ? Bien souvent, nous mélangeons le péché et la faute. Le péché peut se traduire en faute, mais ils sont bien deux réalités qui se distinguent. Quelqu’un qui se comporte toujours d’une bonne manière et ne commet jamais de fautes flagrantes peut être intérieurement un misérable pécheur ; mais derrière toutes les fautes que nous pourrions faire, ne se cache pas toujours le péché.
En effet, tout péché est un oubli de Dieu, un oubli volontaire, ou involontaire. Etant créature de Dieu et bénéficiaire de tous ses dons, mais vivre comme si Dieu n’existait pas, voilà le péché qui engendre tous les autres péchés. Le péché, c’est tout ce qui nous sépare de Dieu, et le remède du péché, c’est nous laisser unir à Lui et vivre en sa présence.
« Mon Dieu, si vous êtes partout (présent), comment se fait-il que je sois si souvent ailleurs ? » écrit Madeleine Delbrel. Mais c’est le péché d’Adam qui nous a rendus insensible et aveugle à la présence divine, et tel est notre infirmité la plus profonde. 
Pouvons-nous vraiment vivre sans Dieu ? Serons-nous plus libres en vivant sans lui ? Depuis le siècle des lumières, tant d’élites occidentaux ont tenté de trouver ce chemin qui nous débarrasse de Dieu et nous mène vers une liberté proprement humaine, et certain va jusqu’à déclarer la mort de Dieu. Quel est donc le résultat ? Un historien intellectuellement honnête saurait bien vous le dire, et moi, je ne peux que vous rappeler que Dieu nous est proche, Il ne s’est jamais éloigné de nous, et pour s’unir à nous, il va jusque se faire notre nourriture.
Oui, Dieu nous est proche, il est toujours à notre portée, et il est toujours prêt à nous tendre la main, à nous relever, et il veut effacer toutes les taches qui nous enlaidissent et restaurer en nous son image et sa ressemblance.
Nous savons bien que nous ne sommes pas toujours en mesure de réparer les conséquences de nos fautes commises, mais tout péché, quelque soit sa gravité, peut être pardonné, si du fond de notre cœur, nous nous tournons vers Dieu, et nous nous ouvrons à Lui. Si nous ne voulons pas que notre cœur soit la source de toutes les malices, que Dieu y habite, Lui qui est bon, et qui est à l’origine de toutes bontés.
Ce disant, un vieux souvenir me revient. Il y a 23 ans, un jour, une dame chinoise, une des rares chrétiens que j’ai pu rencontrer en Chine m’a dit : jeune homme, si ton cœur n’est pas la demeure de Dieu, il deviendra le temple de Satan.
Oui, si nous n’avons pas en nos cœurs le Dieu des vivants, son adversaire viendra, et il y sèmera la mort.
Pour terminer, je voudrais vous citer ce vers de Paul Claudel : « En ce 7ième jour que Vous fîtes, Seigneur, quel est Votre repos, si ce n’est dans mon cœur ? »





lundi 24 août 2015

"Dieu s'en va, Dieu se retire de nous, comme il nous laisse à la fois vides et lourds!... Le drame de l'Europe est un drame spirituel, le drame de l'Europe est un drame de l'esprit... Un cadavre est essentiellement, cela va sans dire, une chose inanimée, au sens exact du mot, privée d’âme. Mais ce n’est pas une chose inerte. Le cadavre est au contraire tout frémissant, tout vibrant, tout grouillant de mille combinaisons nouvelles, dont l’absurde diversité se retrace dans les diaprures et les chatoiements de la pourriture. Ces histoires ne sont pourtant pas une histoire. Le cadavre en décomposition ressemble beaucoup – si un cadavre peut ressembler à quelque chose – à un monde où l’économique l’a emporté décidément sur le politique, et qui n’est plus qu’un système d’intérêts antagonistes inconciliables, un équilibre sans cesse détruit dont le point doit être cherché toujours plus bas. Le cadavre est beaucoup plus instable que le vivant, et
si le cadavre pouvait parler, il se vanterait certainement de cette révolution, de cette évolution accélérée qui se traduit par des phénomènes impressionnants, par des écoulements et des gargouillements sans nombre, une fonte générale des tissus dans une égalité parfaite, il ferait honte au vivant de sa relative stabilité, il le traiterait de conservateur." G. Bernanos, La liberté pour quoi faire ?, Genève, septembre 1946

dimanche 26 juillet 2015

Homélie du 26 juillet, XVII dimanche du Temps Ordinaire de l'Année B, à St Clément de Metz

Chers amis, ne trouvez-vous pas qu’il est un peu étrange que Jésus-Christ, Notre-Seigneur a besoin de ces cinq pains et deux poissons pour réaliser ce miracle ? Lui la Parole créatrice de Dieu, et c’est bien par Lui que Dieu le Père a créé toutes choses à partir du néant : Dieu dit, et cela est, c’est ce que nous lisons dans le livre de la Genèse. Mais aujourd'hui, il semble avoir besoin que l’on lui donne quelque chose.
Alors on a trouvé ce gamin qui apporte à lui cinq pains et deux poissons. Qu’est-ce que ces cinq pains et ces deux poissons ? Le très sage saint Augustin y voit un symbolisme : il dit dans son Traité sur l’évangile selon saint Jean que les cinq pains signifient les cinq livre de la Loi, c’est-à-dire la Torah, et les deux poissons, le sacerdoce et la royauté du Christ, Lui qui est à la fois le Grand Prêtre et le Souverain Roi. Saint Augustin a certainement raison.
Mais aujourd’hui, en lisant cette page d’Évangile, spontanément, je suis touché par la figure de ce jeune garçon, qui, à cause de son âge, n’était même pas compté parmi les cinq mille hommes – puisque les femmes et les mineurs, ça ne comptait pas pour les juifs de ce temps ; et, seul devant une telle foule si affamée, il faut vraiment être candide – pour ne pas dire dupe – pour vouloir révéler si facilement ce qu’il avait dans sa bourse. Son geste plus que généreux, me fait penser à cette veuve qui a mis ses deux pièces d’argent dans le trésor du Temple et pour qui le Seigneur a dit qu’elle avait donné plus que tous les autres puisqu’elle a donné tout ce qu’elle avait pour vivre. Et c’est cela, ce geste surprenant de ce jeune garçon, qui a permis à ce grand miracle de se réaliser.
Le vrai miracle, c’est la multiplication, la multiplication d’un petit rien, mais ce petit rien vient de l’homme, et donné avec la simplicité du cœur. Cette multiplication est le fruit de la communion féconde et généreuse de la grâce de Dieu et de la confiance de l’homme.
Cette communion qui existait à l’origine, a été défigurée par le péché. Si Dieu a envoyé son Fils Jésus-Christ dans le monde, c’est pour que, par le don de son Fils, Il renouvelle son engagement envers l’homme, afin que la communion première entre Dieu et l’homme soit rétablie et perfectionnée dans la Nouvelle Alliance, celée par le sang du Christ. Mais l’engagement de Dieu appelle l’engagement de l’homme. Comment l’homme peut-il s’engager dans cette Alliance nouvelle avec Dieu, sinon par sa foi en la Parole de Dieu incarnée dans la personne de son Fils unique ? La foi, c’est tout ce que nous pouvons offrir à Dieu, et elle est figurée bien souvent dans peu de chose : dans les deux pièces d’argent de la veuve, ou dans les cinq pains et les deux poissons de ce jeune garçon.

Etty Hillesum écrit dans son journal le 29 juin 1942 : « C’est à nous de t’aider, mon Dieu, et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous ». Cette petite et humble demeure qui abrite Dieu en nous, c’est notre foi. Laissons-Lui cette place, ce petit rien qu’Il nous demande ; et entretenons cette demeure, c’est-à-dire, vivre en communion avec Dieu en nous appuyant sur sa grâce, et c’est ainsi que nous devenions, nous, ses véritables enfants. Et cela, n’est-il pas aussi miracle de son divin amour ?

samedi 25 juillet 2015

Homélie du 19 juillet, XVIe dimanche du Temps Ordinaire de l'Année B, prononcée à l'église de l'Immaculée Conception de Queuleu

En accueillant ses disciples revenant de leur première mission, Le Seigneur Jésus voulait conduire son petit troupeau – uniquement les sien – vers un endroit désert, à l’écart, et le faire reposer.
Cependant, la foule ne voulait pas le lâcher. À pieds, de toutes les villes, ils coururent, et même ils devancèrent Jésus et ses disciples sur l’autre rive, et ils l’attendirent. Cette foule affamée, cette foule épuisée, cette foule vulnérable et perdue, elle se présentait en ce jour devant Jésus dans toute sa pauvreté, avec son désir ardent, elle semblait vouloir s’imposer à lui, avec foi et insistance, afin qu’il devienne dès maintenant son berger, son Pasteur.
Oui, cette foule semble avoir bien compris la véritable mission de Jésus : il n’est pas venu pour établir quelques-uns, mais Dieu l’a envoyé pour eux et pour tous. En venant vers lui, en le suivant, la foule voulait réveiller en lui cette insondable miséricorde divine, et le pousser à aller plus loin dans sa mission rédemptrice.
N’est-ce pas étonnant de voir que sur cette page d’Évangile, cette foule audacieuse semble être plus lucide que Notre-Seigneur lui-même sur sa propre mission ? Et si cette foule a pu reconnaître en Jésus son Pasteur, n’est-ce pas parce qu’elle en a vraiment besoin ? N’est-ce pas parce que depuis si longtemps elle a souffert de l’abandon, elle a été affligée par la faim et la soif et tourmentée par la peur et l’égarement, et qu’elle attendait un Pasteur, un vrai bon Pasteur, un Pasteur juste et miséricordieux, qui saura prendre soin d’elle, qui va la nourrir par d’herbe fraîche en abondance et la rassasier par la source d’eau vive, et enfin la conduire jusqu’à sa demeure désirée ?
Dans ce désir ardent de la foule, nous pouvons entendre résonner le beau psaume XXIIe que nous venons de chanter : le Seigneur est mon Berger, rien ne saurait me manquer, sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer…
Jusqu’au IVe siècle, berger et brebis, pâturage verdoyant et eaux vives appartenaient à la décoration des baptistères. Et un peu partout dans l’Église à cette époque, les néophytes – c’est-à-dire les nouveaux baptisés, chantaient le Ps XXII quand ils se rendaient du baptistère à la basilique pour y recevoir pour la première fois la très sainte Eucharistie – le pain de la vie et la coupe du salut, le très saint Corps et le très précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le peuple de Dieu, régénéré par la grâce, éprouve en lui la faim et la soif de Dieu, son unique Pasteur, et le désir de s’y attacher.
La faim et la soif de Dieu, c’est la vitalité du peuple de Dieu, c’est la vitalité de son Église. Nous ne pouvons pas être nourris par Dieu sans que nous soyons habités par cette faim et cette soif. Dieu ne peut pas être le sauveur d’un peuple qui n’a pas besoin de son salut. Dieu ne peut pas habiter un cœur dans lequel il n’est pas attendu. C’est notre désir qui peut hâter les pas de Dieu pour qu’Il vienne à nous. C’est notre désir ardent qui peut faire de nous son peuple, et que sans ce désir, nous redeviendrons des brebis sans berger.
Il y a quelque temps, un représentant de nos frères d’une autre religion a manifesté publiquement son désir de récupérer nos églises désertées pour en faire leurs lieux de culte. Je ne suis pas ici pour commenter cette réclamation. Mais vous le savez comme moi : nos églises ne peuvent être remplies par nos soupirs de regret ou de nostalgie, ni par notre indignation, elles ne peuvent être remplies que par les chrétiens, les chrétiens en chair et en os, les chrétiens qui sont habités par la faim et la soif de Dieu.
Dans quelques instants, le Seigneur notre bon Pasteur viendra vers nous et il va nous nourrir de son propre Corps. Que ici et maintenant le Seigneur ravive en nous notre faim notre soif, et notre désir de nous unir à Lui.